THE GAME CHANGERS : CE QU’IL FAUT RETENIR


Le film documentaire suivant des athlètes à l’alimentation exclusivement végétale est au cœur de nombreuses discussions ces dernières semaines. Si je suis extrêmement enthousiaste à l’idée qu’il puisse susciter un changement de mentalité, j’invite chacun d’entre nous à se munir d’un sens critique aiguisé pour aborder les documentaires axés sur la nutrition.


Des différences culturelles


Bien que la mondialisation ait lissé nos pratiques alimentaires, un gouffre culturel demeure entre l’alimentation américaine et l’alimentation française. Il convient donc de mettre en perspective les enseignements des documentaires américains.

Je me méfie également du côté « storytelling » de ces reportages ; surtout quand ceux-ci sont produits par James Cameron lui-même.



Manque de rigueur scientifique

J’ai donc enquêté sur le film, et rapidement découvert que certaines affirmations « scientifiques » avancées reposaient sur de maigres études, souvent menées de façon assez peu scientifique.

Il faut savoir que les connaissances scientifiques au sujet de la nutrition suscitent rarement le consensus. On manque souvent de recul pour évaluer l’impact de l’évolution de notre alimentation, et les découvertes à ce sujet semblent parfois se contredire d’une année sur l’autre. Il est également difficile d’isoler l’impact d’un seul type d’aliment sur la santé ; surtout lors de transitions alimentaires importantes.

Ainsi, le film nous apporte peu d’information au sujet de l’alimentation des athlètes avant leur transition, et de la qualité de leur alimentation actuelle. Les joueurs de NFL interviewés sont d’ailleurs de piètres exemples : il est évident que consommer de la junk food lorsque l’on est athlète, et de surcroît avant une compétition, relève de l’idiotie.

En effet, les protéines animales et les matières grasses allongent considérablement le temps de digestion, car le bol alimentaire doit alors séjourner plus longtemps dans l’estomac. Il faut savoir que le système nerveux sollicité lors d’un effort sportif et celui de la digestion sont antagonistes. Pour faire simple : on ne peut pas bien courir et bien digérer en même temps. Ainsi, une digestion difficile entrave les performances musculaires et cardiaques. Il est donc évident que les athlètes abandonnant un régime principalement composé de protéines animales et d’aliments frits pour une alimentation végétale puissent constater une amélioration de leurs performances.


Les informations à retenir



︎ Les protéines végétales possèdent tous les acides aminés essentiels nécessaires

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Acide aminé essentiel (AAE) : composant protéique ne pouvant être synthétisé par le corps

 ︎ Seul l’œuf possède tous les AAE en quantité suffisante ; il sert de référence

Les protéines végétales sont certes moins complètes que les protéines animales (1 à 2 AAE en quantité insuffisante), moins abondantes et un peu moins bien absorbées. Cependant, une alimentation végétale équilibrée permet d’assurer les apports quantitatifs et qualitatifs en protéines. C’est pourquoi on recommande souvent d’associer légumineuses (lentilles, pois, fèves…) et céréales (pâtes, riz, pain…) au cours des repas.


︎ Les glucides assurent l’apport en énergie nécessaire au fonctionnement du cerveau et des muscles

Si les protéines servent à bâtir notre masse musculaire, les glucides demeurent le principale carburant énergétique de notre corps. Ils sont stockés sous forme de glycogène dans notre foie, pour être utilisés lors d’efforts physiques.
Dans le film, il est justement déconseillé de favoriser les protéines (animales ou végétales) au détriment des glucides afin d’assurer des performances sportives. Les deux sont nécessaires.


︎ Un régime végétalien (sans protéine animale) n’engendre pas forcément de carence

  • Les apports en fer sont à surveiller chez les végétariens, plus encore que chez les végétaliens (les œufs et les produits laitiers limiteraient l’absorption du fer végétal). Cependant, les légumineuses et fruits oléagineux, largement consommés par les végé-, en contiennent suffisamment pour assurer nos besoins (hors besoins spécifiques).
  • Une supplémentation en vitamine B12 est obligatoire dans le cadre d’un régime végétalien - voire végétarien. Toutefois, il faut savoir que les animaux - source de B12 des omnivores - sont eux-mêmes supplémentés. L’usage de pesticides et les mesures d’hygiène ont en effet contribué à la disparition des micro-organismes capables de synthétiser la vitamine B12.


︎ Un régime pauvre en fruits et légumes est délétère pour la santé

Le principal problème soulevé par le documentaire réside dans le déséquilibre nutritif engendré par un régime riche en protéines animales et pauvre en végétaux (ex: viande + féculent). Dans ce cas, l’organisme manque de vitamines, minéraux et fibres.


︎ Les protéines animales ne sont pas adaptées à la récupération après un effort sportif

  • Les protéines animales ont un effet acidifiant sur le corps ; il est donc déconseillé d’en consommer immédiatement après l’effort. En phase de récupération, on recommande de consommer des glucides (riz, légumes, fruits...) pour reconstituer les réserves en glycogène, ainsi que des aliments protéiques peu acidifiants (légumineuses, fruits oléagineux ou yaourts).
  • L’hydratation est également primordiale en phase de récupération.


︎ En conclusion : consommer des protéines animales n’est donc pas une nécessité absolue, même pour les athlètes

Toutefois, l’alimentation des athlètes nécessite des apports en protéines ne pouvant être couverts par les aliments sources de protéines végétales (les quantités consommées seraient astonomiques). Il est donc nécessaire de compléter leur alimentation par de la proudre de protéines végétales ou des aliments enrichis en protéines.






Un régime végé- nécessite certaines connaissances nutritionnelles.
N’hésitez pas à consulter une diététicienne.




Mark


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